Présentation
L’être humain est doté de capacités innées telles que la création, la croissance et la guérison. L’ostéopathie biodynamique, propose une collaboration avec ces forces inhérentes au Vivant, pour permettre au corps de réaliser un travail d’auto régulation. Cette « maturation » vers un nouveau schéma de Santé est rendue possible par le soutien du thérapeute. Celui-ci n’impose pas de manœuvres forcées. Par un toucher doux et léger, il se met à l’écoute du corps du patient. Plutôt que chercher et traiter les zones en souffrance directement, il reconnaît les ressources en présence afin de les laisser s’exprimer vers un nouvel équilibre.
» L’ostéopathie est une science dont les possibilités sont plus amples que l’immensité des cieux. C’est une science qui utilise les forces naturelles du corps. En tant qu’ostéopathes, nous œuvrons avec, à l’esprit, le principe traditionnel que la tendance du corps du patient est toujours orientée vers la normale. Il y a beaucoup à découvrir dans la science de l’ostéopathie en travaillant avec les forces internes manifestant les processus de guérison. Ces forces inhérentes au patient sont plus grandes que n’importe quelle force aveugle pouvant être appliquée de l’extérieur. «
4ème de couverture , WG Sutherland, 1990
La perception ici n’est pas structurelle ni tissulaire: elle se situe à un niveau « fluidique« . Le liquide céphalo-rachidien, fluctuant dans ce mécanisme, a un rôle prépondérant. L’observation attentive de ce système révèle une forme, une puissance et une organisation répondant à une intelligence autre que celle de l’opérateur. À travers elle s’exprime la Santé dans son entièreté (Corps, Âme, Esprit).
« Le liquide céphalo-rachidien, avec son « élément le plus élevé connu », est considéré comme l’unité fondamentale dans le fonctionnement du mécanisme.[…] Dans une autre illustration symbolique, je le comparais à un fluide au sein d’un fluide. »
Sutherland, 1998, p.299
Mais notre mode de vie moderne met bien à mal ces ressources innées: expériences traumatisantes, stress chronique, émotions négatives, pensées déconnectées du Moment Présent (peur du futur, rumination du passé)…etc. L’éloignement du Soi par des préoccupations extérieures nous détourne de notre monde intérieur et de ses besoins primordiaux. L’affaiblissement progressif généré va amener un épuisement des capacités d’adaptation. Et constituer un terrain propice à des douleurs, troubles fonctionnels, voire à des maladies au fil du temps. L’ostéopathie biodynamique apporte, par la présence neutre et attentive du praticien, un soutien à l’émergence du schéma de Santé du Patient. Il en résulte un travail physiologique en profondeur qui tend vers un nouvel équilibre de Santé.
Un peu d’histoire…
À l’origine de l’ostéopathie
Dans l’Ouest américain à la fin du XIXème siècle, Andrew Taylor Still (1828-1929) décrit en premier les fondements de cette pratique qui se veut être « un art, une philosophie et une science« . Il créa le Collège Ostéopathique de Kirksville où les premiers enseignements ostéopathiques furent donnés. Les discours et textes rapportés utilisent abondamment des métaphores techniques relatives aux sciences mécaniques ou électriques, ainsi que des allusions religieuses sous forme de citations explicites de la Bible. Il y fait passer des propos sur la Vie, le Souffle Vital ou bien la présence d’un Grand Architecte en chacun de nous.
» [Les gens] sont surpris de découvrir que le Grand Architecte a placé en l’homme tous les procédés de la vie. La nature a été suffisamment clairvoyante pour placer en l’homme tout ce que désigne le mot remède »
Autobiographie du fondateur de l’ostéopathie, Andrew Taylor Still, p380
William Garner Sutherland (1873-1954) fut l’autre grand pionnier de l’ostéopathie. Journaliste de formation, il reçut l’enseignement d’ A.T. Still, ne fréquentant ce dernier que pendant 2 ans, avant de consacrer le restant de sa vie à l’exploration de cette discipline pour l’amener sur d’autres chemins. WG Sutherland contribua notamment à la description du concept crânien. Il perçut une motilité involontaire dans les tissus, avec un rythme propre qu’il nommera la Respiration Primaire pour la différencier de la respiration thoracique. Il posa la notion de Souffle de Vie, en lien avec le ressenti fluidique des activités métaboliques, le tout animé par un lien puissant avec le monde naturel.
L’approche biodynamique: à l’essence même de l’ostéopathie
Vers le milieu du XXème siècle, le professeur Erich Bleschmidt, directeur de l’Institut d’anatomie de Göttingen, va « nourrir » la culture ostéopathique par ses observations au microscope du développement embryonnaire. Clichés à l’appui, il remet en question le modèle bio génétique de la vie fœtale pour proposer un modèle biodynamique où les champs métaboliques sont animés par des forces organisatrices d’origine extragénétique. L’Être est ainsi reconnu dès les premiers instants suivant la fécondation, il n’est plus le résultat final d’une succession d’étapes de développement et de croissance.
James Jealous reçut son diplôme du Collège Ostéopathique de Kirksville en 1970. Durant son cursus, il apprit l’embryologie et éprouva un « émerveillement spirituel face au processus de déploiement ». En reprenant les travaux de Sutherland, il fut frappé par les similitudes et les superpositions que l’on pouvait faire entre ses descriptions et celles proposées par Bleschmidt. L’un, par son toucher fin, et le second, grâce à son microscopique, ont perçu ces champs métaboliques: cette même activité protoplasmique, structurante et organisatrice pendant le développement embryonnaire se perpétue tout au long de la vie pour assurer les fonctions thérapeutiques de guérison. Il présenta donc ses observations devant des comités de spécialistes, suscitant au mieux du septicisme, au pire, des soupçons de folie. Néanmoins, certains ostéopathes lui emboitèrent le pas, tels Jacques Andreva Duval et Rollin Becker. Ils contribuèrent grandement à décrire l’ostéopathie biodynamique, s’appuyant sur des principes et non pas sur des techniques. Ces ostéopathes contemporains ont perçu et décrit ces mouvements de Vie, tout comme l’avaient fait avant eux Still ou Sutherland à une période de leur vie. Les champs lexicaux diffèrent, chacun essayant de retranscrire ses perceptions avec les connaissances ou les notions de l’époque.
On peut trouver chez ces grandes figures bon nombre de points commun. Chacune, à des époques différentes, a été animée par une ouverture d’esprit qui les a amenés à explorer des niveaux d’observation jamais rapportés auparavant, n’hésitant pas à aller à l’encontre des plus grands esprits conservateurs du moment. Leurs descriptions rapportent les mêmes principes innés à l’origine de notre création, notre développement et notre guérison. Elles témoignent d’un lien profond entre chaque élément, faisant parti d’un Tout (Entièreté). Les principes évoqués en ostéopathie biodynamique se réfèrent davantage à des lois naturelles plutôt que des schémas créés par l’intellect humain.